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Petite introduction

« Le rôle de l’entrepreneur consiste à réformer ou à révolutionner la routine de production en exploitant une invention ou, plus généralement, une possibilité technique inédite. »[1]

L’innovation et l’entrepreneuriat semblent, selon Joseph Schumpeter, deux notions liées, tout comme crise et opportunité qui ont en commun leur racine étymologique dans la langue chinoise ; en effet, en chinois le mot crise se dit “wēi jī”, il se décompose de 2 idéogrammes ; le premier est wēi (危) signifiant crise, et l’idéogramme jī (机), qui signifie opportunité. Mais ce rapprochement entre le mot crise et un autre élément n’est pas le seul, puisqu’en grec celui-ci se dit  krisis, c’est-à-dire «décision». Il semblerait  que la crise donne lieu, malgré notre vision occidentale de celle-ci, très souvent négative, à des opportunités ; faut-il encore être capable de les percevoir et faire les bons choix. Dès-lors, nous pouvons confronter nos deux visions culturelles de la crise à travers des exemples théoriques et concrets.

Mais pour cela, définissons tout d’abord les deux termes principaux : la crise peut se concevoir sous différents angles (son sens premier étant d’ordre physique) ; de manière générale, nous pouvons dire qu’elle est une « situation de trouble, due à une rupture d’équilibre et dont l’issue est déterminante pour l’individu ou la société »[2] ; au sens économique du terme, la crise est, « dans un cycle économique, un dysfonctionnement, souvent caractérisé par la surproduction ou la dépression, le chômage et, en économie capitaliste, un effondrement des cours boursiers » ;mais la crise peut être aussi comprise comme une rupture entre deux époques, deux mentalités…une remise en question profonde des valeurs d’une société.

La notion d’investissement peut se comprendre comme la « Décision par laquelle un individu, une entreprise ou une collectivité affecte ses ressources propres ou des fonds empruntés à l’accroissement de son stock de biens productifs »[3]. On peut alors s’interroger quant aux liens entre investissement et crise, entre crise et innovation : la crise est-elle systématiquement un frein à l’investissement ? Par quels mécanismes ? Quels types d’entreprises peuvent saisir ces éventuelles opportunités ? La crise est-elle une notion sémantique homogène et mono-temporelle ?

Formulé autrement, existe-t-il une corrélation positive entre investissement et crise, entre crise et profitabilité ?

Je vais prendre appui sur les petites entreprises et l’effet de la crise sur elles de manière générale ; puis, avec des exemples concrets, des situations de startups qui ont su saisir ces opportunités.

Les effets néfastes de la crise financière de 2007 sur les petites entreprises : de la crise financière à la crise économique

Les effets directs de la crises sur les PMO

De manière globale, la crise financière de 2007 a fragilisé la situation économique de nombreuses entreprises, et particulièrement des PMO (petites et moyennes organisations); elle a aussi rendu plus contraignante et incertaine la démarche d’investissement, la création de nouvelles sociétés, en aboutissant à une augmentation du taux d’intérêt, aux réductions budgétaires étatiques et donc des aides financières apportées aux petites entreprises ; à une baisse de la demande et à un pessimisme généralisé dans le domaine économique, social et politique.

On peut facilement constater la corrélation entre la crise et l’augmentation du nombre de CEI [4] défaillantes (« Une entreprise est en situation de défaillance ou de dépôt de bilan à partir du moment où une procédure de redressement judiciaire est ouverte à son encontre»[5]), quel que soit leur secteur d’activité[6], durant la même période, puisque la croissance des entreprises en situation de dépôt de bilan à doubler entre mars 2008 (seconde phase de la crise financière) et septembre 2009, par rapport à la période précédente.

La crise et l’augmentation des CEI défaillantes sont liées

Ce schéma montre un effet direct de la crise sur les CEI (CEI françaises qui ont servi d’échantillon pour cette étude[7]), remettant en cause leur développement à venir, leur pérennité, mais les mécanismes sous-jacents en sont absents ; nous tenterons ainsi de les mettre en évidence pour comprendre ce phénomène.

Ce marasme financier a entrainé deux types de crises : une crise de liquidité bancaire et une crise de solvabilité bancaire. La première a vu naître une « crise de confiance », les banques voyant leurs principales sources de refinancement (marché interbancaire) se tarir, aboutissant à une augmentation du taux interbancaire et donc du taux d’intérêt (combattu par la suite par les banques centrales et les Etats).Ce taux d’intérêt est entre autre à l’origine de difficultés des financements de projets.

Taux d’intérêt et investissement

Dans une perspective Keynésienne, le choix d’investir résulte d’une comparaison entre le taux d’intérêt, c’est-à-dire le cout de l’argent à emprunter, et le rendement escompté de son investissement. L’entreprise ou le créateur d’entreprise ne décide d’investir que dans la situation où ce rendement est supérieur au coût monétaire que représente l’emprunt, puisque la motivation première d’un individu est le profit (principe de la main invisible d’Adam Smith).

Dans le contexte de la crise économique que nous avons connu depuis 2007, les relations entre les banques et les emprunteurs ont évolué ; celles-ci, malgré les efforts des banques centrales, ont augmenté le taux d’intérêt. 

L’augmentation du taux d’intérêt provoque une diminution du nombre d’entreprises

L’augmentation du taux d’intérêt est corrélée, selon ce schéma, à la crise et à la disparition d’entreprises. Durant une crise globale, une augmentation mondiale du taux d’intérêt diminue la richesse mondiale et aboutit à un réajustement optimal du nombre d’entreprise. 

Les besoins de financement

On a vu précédemment  quel était l’impact du niveau du taux d’intérêt sur l’investissement ou la décision d’investir,on va donc voir  l’importance que représente l’emprunt pour une entreprise, en montrant sa pondération parmi les autres moyens de financement. L’emprunt constitue le second outil le plus utilisé par les entreprises afin de répondre à leurs besoins de financement à court terme[8], la CAF (capacité d’autofinancement) devenant prépondérante au fil des ans. Il est donc nécessaire pour se lancer, entreprendre (créer une entreprise ou  en racheter une…) d’emprunter de l’argent aux banques ; étant donné le niveau du taux d’intérêt, nous comprenons d’une part que cela augmente le nombre de défaillance des entreprises, et d’autre part, limite le nombre d’investissements.

La crise financière réduit les aides étatiques à court terme

Un autre élément important de la crise est son effet sur les politiques budgétaires, car l’aide allouée aux banques pour les rendre solvables réduit celle accordée aux autres agents économiques, dont les petites entreprises. Barack Obama a notamment décidé de changer cette donne économique en aidant davantage les startups avec la signature des mesures du « Small Business Jobs Act » de 2010 ; mais avant cela, celles-ci ne bénéficiaient pas d’autant d’attention de la part des autorités publiques. Il y est stipulé la réduction de taxes, le soutien financier aux emprunteurs, l’augmentation des prêts accordé[9]… Or, la multiplication des réseaux ou sources de financement (crowdsourcing, business angels, incubateurs…)  alternatifs  montre que les entreprises pâtissent de ce manque d’aide de l’Etat (et des banques). Les mesures d’aides exceptionnelles prises par les américains, mais aussi celles de la France tel que la loi TEPA[10] introduite en 2008,  montrent à quel point les petites entreprises ont rencontré des difficultés pour se développer.

Nous voyons donc apparaitre deux phases : une première phase de crise financière néfaste pour l’économie et donc l’investissement ; puis une seconde, en fin de crise, où des opportunités semblent pouvoir naitre, mais nous reverrons cela en détail ultérieurement.


[1] Joseph Schumpeter—Capitalisme, socialisme et démocratie

[3] http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/investissement/44113

[4] CEI : Le concept de CEI « identifie une entreprise dans sa phase de création (c’est-à-dire dans les deux premières années de sa vie) et innovante dès le départ »10 ans de créations d’entreprises innovantes en France — OSEO

[5] http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/defaillance-d-entreprise.htm

[6] 

 

Je suis un blogueur passionné par le marketing digital et le domaine IT. Après avoir travaillé dans le E-commerce et le Cloud computing, je mets à présent mes compétences au service d’une compagnie de retargeting. J’effectue des missions de freelancing pour des sites qui concernent l’industrie du SaaS et du Webmarketing. Enfin, j’aide différents types d’entreprises à développer leur présence sur le web. Les articles que j’écris reflètent uniquement mes opinions personnelles.

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